Certes, ton enveloppe matérielle a disparu, mais ton âme se conservera à jamais dans les fastes de la révolution.
Lina, tu vivras éternellement dans l’esprit de tes camarades ; tu porteras toujours l’espoir d’un pays, le rêve d’un peuple et la voix des plus exploité·e·s.
Chère sœur, chère camarade, amie éternelle, il est dur de croire à ton départ matériel, dur de croire qu’on ne se reverra plus pour retracer les souvenirs d’une révolution volée, pour rire, vivre et rêver ; qu’on ne se reverra plus pour se consoler, pour se confier dans un monde injustement mal fait ; qu’on ne se reverra plus pour que je te saoule avec mes discours de déserteur protecteur qui te prend la tête afin que tu prennes soin de ta santé.
Pardonne-moi ces jours-là : je ne voyais que ce corps épuisé en quête de repos ; ces jours-là, aveuglé par l’amitié qui nous lie, je ne voyais pas cette âme révoltée en quête de lutte permanente.
Camarade, certes, c’est dur d’accepter cette absence matérielle…
… mais au fond de moi, je maudis la mort matérielle, chère camarade, ce corps sacrifié qui ne porte plus ton âme éternelle, cette flamme, cette révolution permanente…
… cette âme qui éclairera les nuits sombres des plus exploités, qui se faufilera entre les murs des prisons, dans les salles d’interrogatoire et dans les cauchemars des haineux comme des bourreaux. Cette âme pure, presque matérielle, qui s’invitera sans prévenir auprès de ta famille, de tes ami·e·s…
Chère camarade, on a enterré ce corps qui t’emprisonnait.
Chère camarade, ton âme est libre, libre de leur haine, libre de la douleur, libre comme tu le souhaitais.

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