Saturday, 8 January 2011

le vendeur brulé

J’ai fermé les yeux pour ne plus voir,

Mais j’ai entendu les cris d’un homme brûlé au nom de sa dignité.

J’ai bouché mes oreilles pour ne rien entendre,

Mais j’ai senti l’odeur du lacrymogène.

J’ai pincé mon nez pour ne rien sentir,

Je me suis saoulé pour ne plus penser.

J’ai avalé des somnifères pour éviter de rêver,

J’ai étouffé mon âme et poignardé ma conscience pour fuir la souffrance.


Mais mon cœur est encore brûlé ; je ne pouvais pas tourner le dos à cette réalité.


Pauvre vendeur brûlé…

Il n’a même pas eu droit à vivre sa pauvreté.

Il ne voulait ni maisons ni argent,

Juste vendre quelques légumes aux passants.


Pauvre homme condamné par son honnêteté…

Il voulait se plaindre aux sourds,

Se sentirait délaissé,

Et il a fini par se brûler au nom de sa dignité.


Il s’est brûlé pour nous indiquer le chemin de la liberté.

Il s’est brûlé pour nous réveiller de notre peur.

Il s’est brûlé pour brûler notre peur.

Il s’est brûlé pour brûler le temple du mal.

Il s’est brûlé pour libérer son pays.


No comments:

Post a Comment

Bataille perdu

On a perdu la bataille et on risque de perdre encore plus ! Il est peut-être temps de le dire et de l’assumer. Oui, on a perdu du terrain....